jeudi 9 octobre 2014

Petits cailloux sur le chemin



C'est la nuit, une nuit de pluie battante. Tout est enveloppé par un silence mouillé qu'invite à la retraite. Les rues de la ville sont presque désertes et l'asphalte noir est inondé par une lumière ocre,  elle aussi mouillée et translucide à cause de la pluie. A un carrefour un jeune homme  fait des signes aux  voitures de passage en cherche d'un abri à quattre roues pour pouvoir s'approcher, d'un autre trait, de son lieu de destination. Son corps animé s'inscrit dans le paysage anonyme de ce desert citadin endormi, tel un élement dissocié qui n'arrive pas à tomber dans le sommeil auquel la nuit semble inviter chaque chose. Je tourne en direction de ma maison et me dis que je ne peux pas le prendre avec moi car je vais ailleurs. La vérité est que j'ai peur. C'est la nuit et je ne le connais pas. Mais quelque chose m'appelle à faire retour là-bas. Il pleut et je pense à lui. Il faut au moins lui offrir le grand parapluie que j'ai dans ma voiture. Je le retrouve là et il me suffit de voir son visage pour comprendre  qu'il n'y a rien à crainde. Enfin quand j'apprends que sa destination se trouve à environ 20 km de distance, sans hésitation je l'accompagne. C'est la seule chose à faire! Comme tout peut changer en nous et tout autours de nous! Il suffit simplement d'écouter l'intuition subitl de notre coeur (Il est "notre" en verité, autant que "commun" substance permeable et unique). J'ai maintenant un passager avec moi. Pendant ce petit voyage partagé, on écoute de la musique et on se parle. Il me raconte que sa femme est enceinte d’une fillette, Nicole, et que se trouve à l’hôpital d'où il vient. 
Sous la pluie, dans la nuit, j'ai rencontré un jeune homme au regard pur et plein de confiance dans la vie: il attendait une voiture de passage avec un grand sourire sur son visage ! La vie est si belle avec tous ses petits cailloux parsemés le long du chemin ... Je l'appelle partage, echange, mon seul bien ... sans cesse il tourne, sans cesse il aime ... sans cesse et sans fin...

mercredi 1 octobre 2014

La révolution de la conscience ...


Lorsque tout semble perdu et le désespoir s’installe, la recherche d'un abri peut enfin atteindre son maximum, mais rien n’arrive, aucune réponse est là, jusqu’au moment où une rébellion positive s'installe en nous pour nous secouer du sommeil engendré par la répétition. Alors cette révolution en nous, nous "sauve" … Quelque chose en nous veut seulement le Bien et pas simplement le veut, elle le connait et sait le faire … Cette chose en nous, elle nous demande d’adhérer à l’instant. Je t’aime et je te serre à moi, je te nourris, je te porte en moi, fidèle, sans que rien d’autre puisse être en-dehors de cette « volonté naturelle », car le dedans et le dehors ne font qu’Un. Cette volonté positive, elle ne connait pas aucun "autre". Tu es moi, l’un est l’autre. Ils participent du même amour, du même processus, ils en sont manifestation. Alors il faut connaitre l’Amour et ce qui ne l'est pas, connaitre l’Instant, vivre Sa plénitude ... . Mais comment le faire lorsque on se trouve dans l'affirmation de l'absence, de la séparation qui est source de conditionnement ? Voir, sentir, entendre, se laisser transpercer par la violence qui est dans la separation ... la voir, se voir, et lui dire enfin "no".
 Adhérer à l’instant devient alors marcher le long de la fissure étroite de l’intemporel et en elle la vision s'ouvre. Ici dans la rigueur totale de la Conscience réveillée l'Amour, la Douceur, la Beauté, la Bonté prennent place et avec eux la clarté/lucidité qui dévoile l'ombre. L'ombre est fuite, peur, incoherence, manque d'adhesion, separation ... D’ici se produit le jeu de la réaction, un processus marqué par le conditionnement qui s’alimente de soi. C’est le circuit de ce qui est conditionné, tandis que l'adhésion pleine à l'instant interrompe le processus de la pensée conditionée et nous met en contact avec l’existant, avec nos emotions profondes etc.. Ici l'instant se manifeste et se fait cause efficace.
Non plus cachée à la vue, nos yeux auront aussi la vision de la substance de la mort, du jeu action-réaction, qui ne fait que forcer l’acteur-penseur dans l’esclavage de la réaction … qu’il soit peur, désir, ambition, projection … tout est lié tandis que  l’instant, humble, doux et merveilleux,  est toujours ici, immuable et neuf, doux appel, douce invitation à se faire cohérence, vision, étreinte, présence véritable ...partage, amour ... extase vibratoire au coeur de l'unité ...